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 ·ï¡÷¡ï· Permission de Pleurer ·ï¡÷¡ï·

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Casuallou
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MessageSujet: ·ï¡÷¡ï· Permission de Pleurer ·ï¡÷¡ï·   Dim 23 Nov - 16:09





Permission de pleurer





Seul dans le cercle de lumière à la table de la salle à manger,
alors que le reste de la maison était dans l'obscurité, je pleurais.






J'avais fini par mettre les deux enfants au lit. Père célibataire
depuis peu, il me fallait être à la fois le père et la mère de mes
deux jeunes enfants. J'avais réussi à les laver, parmi les cris
amusés et les courses, les rires et les objets volants. Les ayant
presque calmés, ils étaient dans leur lit et chacun avait reçu son
massage rituel de cinq minutes dans le dos.









J'ai ensuite pris ma guitare et commencé le récital quotidien
se terminant par la chanson \\" All the pretty little horses\\". qui
était leur favorite. Je la chantais encore et encore, réduisant
progressivement le rythme et le volume jusqu'à ce qu'ils me
semblent bien endormis.




Divorcé récemment, j'avais la garde exclusive de mes deux jeunes
enfants et je m'étais promis de leur donner une vie familiale
aussi normale et stable que possible. En leur présence, je prenais
un air heureux et je changeais le moins possible leurs activités.
Le rituel du soir demeurait le même, sauf pour l'absence de leur
mère. J'avais réussi une fois de plus à terminer une autre journée
avec succès.







Je m'étais levé délicatement, lentement, évitant de faire le
moindre bruit qui aurait pu les réveiller et me faire demander
d'autres chansons et d'autres histoires. J'ai quitté la chambre
sur la pointe des pieds, laissant la porte entrebâillée, et je
suis descendu.










Assis à la table de la salle à manger, je me suis écrasé dans ma
chaise, prenant conscience que c'était la première fois que je
m'arrêtais depuis mon retour du travail. J'avais fait la cuisine
et j'avais servi et incité les deux petits à manger. J'avais fait
la vaisselle en répondant à leurs nombreuses demandes d'attention.
J'avais aidé ma plus vieille avec ses devoirs de deuxième année
et je m'étais émerveillé devant les dessins et la construction
complexe de blocs Lego de mon plus jeune. Le bain, les histoires,
les massages, les chansons, et maintenant, enfin quelques instants
à moi.
Le silence était le bienvenu, pour le moment.









Soudain, je me suis senti dépassé par la fatigue, le poids des
responsabilités, l'inquiétude au sujets des comptes que je n'étais
pas sûr de pouvoir payer ce mois-ci. Les mille et un détails de la
gestion du foyer. Peu de temps auparavant, j'étais marié et j'avais
une partenaire pour partager ces tâches, ces factures, ces soucis.
Sans parler de la solitude.









Je me sentais comme au fond d'une grande mer de solitude. Tout
cela m'est apparu d'un coup et je me suis senti perdu, dépassé.
Sans avertissement, j'ai éclaté en sanglots. J'ai pleuré en silence.










À ce moment précis, une paire de petits bras m'a entouré et un
petit visage m'a regardé. J'ai vu la figure sympathique de mon
fils de cinq ans.









J'étais gêné que mon fils me voit pleurer. \\" Excuse-moi, Ethan.
Je ne savais pas que tu étais encore éveillé\\".









Je ne sais pas pourquoi, mais plusieurs personnes s'excusent
lorsqu'elles pleurent. Je ne suis pas différent des autres.









" Je ne voulais pas pleurer. Je m'excuse. Je suis un peu triste ce soir\\".



"Ça va papa. Tu peux pleurer, tu n'es qu'une personne\\".





Je ne peux exprimer à quel point ce petit garçon m'a rendu
heureux. Dans son innocente sagesse, il m'a donné la permission
de pleurer. Il a semblé me dire que je n'avais pas à être toujours
fort, que je pouvais à l'occasion me permettre de me sentir vulnérable
et d'exprimer mes émotions.



Il a grimpé sur moi et nous nous sommes enlacés et avons parlé
pendant un moment. Puis, je l'ai ramené dans son lit où je l'ai
bordé. Cette nuit-là, j'ai bien dormi pour une fois.
Merci, mon fils.

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